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    Analyse ""CANDIDE OU L'OPTIMISME"" de Voltair

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    intissartt

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    Date d'inscription: 14/10/2009

    Analyse ""CANDIDE OU L'OPTIMISME"" de Voltair

    Message  intissartt le Mer 14 Oct - 22:46

    Chapitre 1
    De "Il y'avait..." à "...toute la Terre

    Introduction

    Voltaire donne ici l'image du meilleur des mondes possibles, avec des préjugés sur l'innocence (cf. Eden), et plein d'illusions sur la réalité. C'est l'incipit du conte, et il a pour fonction de présenter les personnages, le contexte, la situation initiale. Cela se fait par petits paragraphes successifs, correspondant à peu près chacun à un personnage; le chapitre est clôt par le départ de Candide et sa découverte du monde.

    Tout semble aller pour le mieux, mais des indices indiquent au lecteur qu'il faut prendre le récit au second degré, et le ton ironique est déjà présent dès le premier chapitre. La de--SS--ion qui ressemble à un conte de fée contribue à dénoncer un univers fondé sur l'illusion. La perspective critique et philosophique est donc déjà présente dès le début de l'oeuvre.

    Annonce des axes

    Etude méthodique

    I. La présentation des personnages

    Les personnages sont présentés successivement selon l'ordre d'entrée en scène.
    Tout d'abord, Candide est un élément important du premier paragraphe. Le narrateur établit une relation entre sa physionomie et son caractère: « esprit simple », « sa physionomie annonçant son caractère ». Il décrit ses origines généalogiques: c'est un enfant naturel. Candide est un personnage naïf, incapable de duplication ni de dissimulation. Toutefois, il est ingénu mais pas sot: « il avait le jugement assez droit ». Cela laisse une perspective d'évolution, et montre qu'il est capable d'éducation et de progrès. Candide est en porte-à-faux au château, car il est discrédité et il n'appartient pas à la caste représentée par le fils du baron. C'est un personnage central plus que principal.
    La présentation du baron se fait par petites étapes; des phrases brèves font le tour de tout ses biens. Son pouvoir est mis en relief: « un des plus puissants » avec des signes extérieurs de richesse: « tapisserie », « grand aumônier » : cette apparence de richesse fait de lui un personnage important.
    La baronne est évoquée en premier lieu par sa masse; elle apparaît comme l'image traditionnelle d'une maîtresse de maison et digne de respect dont elle profite.
    Puis Cunégonde est décrite par trois adjectifs: « fraîche, grasse, appétissante »: elles représente la sensualité. Le fils du baron est décrit très brièvement: « en tout digne de son père »; il n'a pas de caractère.
    Enfin Pangloss est décrit en dernier; le ton est administratif, il est assimilé à un « oracle »; « admirablement » => présentation dans le discours de Pangloss.
    L'évocation de ce contexte s'apparente donc beaucoup à celle du conte.


    II. Les caractéristiques du conte

    La de--SS--ion du lieu en fait un microcosme, un endroit merveilleux et coupé du monde et de la réalité. On retrouve la formule traditionnelle: « il y'avait », les personnages sont mis en scène dans un lieu imprécis: « en Westphalie », qui est un pays peu connu et qui a la réputation d'être arriéré, le nom de château: « Thunder-ten-tronckh » a des sonorités abruptes relevant de l'imagination; de même, l'époque est intemporelle. On se situe donc dans un monde qui semble lointain, voire imaginaire: le monde d'un conte.
    On retrouve également les personnages et le milieu traditionnels: le contexte aristocratique, « le château », ainsi quelle pouvoir, les richesses, et un monde fixé dans des codifications sociales rigides. Tout est sous le signe de la richesse et de la beauté, les termes employés sont valorisants et élogieux: tout va bien. Ainsi on trouve beaucoup de superlatifs: « le plus beau ».
    Le lecteur est donc entraîné dans un univers merveilleux où tout va pour le mieux; mais quelques éléments inattendus le mettent sur la voie d'une distorsion dans l'harmonie générale.


    III. Les effets de décalage

    Les effets de décalage et de distorsion sont des indices pour le lecteur, montrant qu'il s'agit ici d'une satire. Ainsi, on note de nombreux rapprochements faussement logiques, comme la relation entre la puissance du baron et la présence de « portes » et de « fenêtres » à son château; de même le rapport entre la masse de la Comtesse et le respect dont elle jouit. Le pouvoir et la considération des personnages relèvent donc de l'illusion, et non d'une réalité.
    Il y'a une confusion et une distorsion dans la de--SS--ion, et le narrateur souligne implicitement que chez le baron tout est faux; ex: « chiens de basse-cour » complètent « la meute », « palefreniers » sont ici « piqueurs », « vicaire du village » <=> « grand aumônier ». Il y'a donc une confusion entre la réalité et l'apparence; on a dans un premier temps l'impression d'un noble qui mène grand train, alors qu'il ne s'agit que d'un petit seigneur de province.
    De même, le raisonnement de Pangloss est totalement décalé (Pangloss=« tout en langue »); pour le montrer, le narrateur lui donne la parole au discours direct. Les exemples qu'il prend reposent sur une démonstration soi-disant logique: « donc », « par conséquent »; mais en réalité elle ne comporte aucune logique: la conclusion qu'il formule est donc totalement inacceptable.


    Conclusion

    Dès le chapitre 1, Voltaire place des indices dans le texte qui attirent l'attention du lecteur, soulignant l'illusion de la richesse et de connaissance dans laquelle vivent les personnages. Il n'y a aucune référence au monde extérieur, et Candide ne connaît que ce qui l'entoure; c'est un monde fermé sur lui-même, basé sur des valeurs fausses. A partir du chapitre suivant, il comparera le monde réel à l'enseignement de Pangloss => double plan du conte et de l'enseignement philosophique





    Le château de thunder-ten-tronckh
    Chapitre 1



    INTRODUCTION

    L'article "Genève" de L'Encyclopédie, que Voltaire inspire à d'Alembert suscite la tempête chez les pasteurs : les antiphilosophes veulent l'expulser de la propriété des délices, qu'il avait acquis en 1755. En 1758, il achète la propriété de Ferney, située à cheval sur la frontière franco-suisse, pour se mettre à l'abri. C'est cette année là qu'il rédige Candide, conte philosophique qui contredit la théorie de l'optimisme selon laquelle tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, mais sans la détruire tout à fait puisque la plupart des personnages finissent par cultiver sagement leur jardin en renonçant à la métaphysique. Il sera publié en 1759, sous couvert de l'anonymat, puis du pseudonyme en 1761.

    - - - Présenter le passage - - -


    LECTURE


    ANNONCE DES AXES

    Premier axe de lecture : Un paradis de pacotille
    Deuxième axe de lecture : La satire de la société féodale
    Troisième axe de lecture : Un philosophe dogmatique et grotesque

    ETUDE

    I- Un paradis de pacotille

    1. Le lieu : l'Allemagne

    C'est le pays de Leibniz, principal philosophe théoricien de l'Optimisme que combat Voltaire : celui de Frédéric II de Prusse, que l'auteur admirait comme le modèle du souverain éclairé et avec lequel un séjour à Berlin vient de le brouiller. La Westphalie en est aussi la province la plus pauvre: en la choisissant comme ةden fondateur du conte, et en faisant croire à tous les personnages que le baron, avec son château qui avait une porte et des fenêtres - (1.14), est un puissant seigneur, Voltaire souligne la médiocrité de cet idéal et l'aveuglement de ses héros: il donne une leçon de relativité entre la réalité et l'idée que les hommes s'en font. Satire de la lourdeur allemande, également, l'emphase du nom Thunder-ten-tronckh, l'embonpoint de la baronne (1 50 kg) et de sa fille (grasse -, 1. 24).

    La grande économie de détails sur le décor et les paysages est habituelle dans les romans et contes à l'époque. Mais chez Voltaire, c'est aussi un procédé systématique. La parcimonie des de--SS--ions charge chaque détail d'un sens et d'une fonction philosophiques ou satiriques très forts. Ici, l'Allemagne se réduit à deux ou trois clichés, épaisseur des corps, philosophie épaisse, d'ailleurs toujours valables de nos temps car les préjugés ont la peau dure... Les personnages font l'objet d'un traitement identique. Une galerie de portraits stéréotypés Evocation de Candide encadre celle des autres personnages, cette composition situe d'emblée le jeune garçon comme le héros, mais insiste aussi sur sa marginalité sociale de bâtard: il est ensuite réintégré à sa place normale, qui est la dernière. Les comparses, en effet, se présentent dans un ordre familial et social hiérarchique : le baron, son épouse, leurs enfants, le précepteur, enfin l'enfant naturel. La fille vient avant le fils, ce qui annonce le rôle majeur de Cunégonde.

    De même, seuls Candide et Cunégonde ont un prénom; on ignore si Pangloss est un nom ou un prénom. Tous les trois font l'objet de précisions succinctes, et l'on a même l'honneur d'entendre la voix du professeur pour un fragment édifiant de cours de philosophie. Mais cette économie de de--SS--ion n'est rien au regard du sort réservé au baron, à sa femme et à son fils, anonymes et expédiés en deux traits d'esquisse caricaturale. Le premier n'est pas méchant au fond mais prétentieux et un peu ridicule même pour ses serviteurs. Son épouse placide ne se distingue que par son poids et une bonne éducation limitée à une politesse formelle (faire - les honneurs de la maison - avec - dignité -, 1. 22), ce qui veut dire qu'elle est laide et bête; quant au fils, on se contente de noter qu'il - paraissait en tout digne de son père », ce qui vu le portrait du père retourne le compliment en charge féroce, qui sera confirmée dans la suite du conte où il se montrera imbu de ses titres jusqu'à en être borné. Un sort particulier est donc réservé à Candide. On devine, aux rumeurs des serviteurs, que son statut d'enfant non reconnu, mais assimilé à Cunégonde et à son frère (il suit comme eux les leçons de Pangloss), cache un secret de famille : la sœur du baron a fauté avec un voisin. Né d'un père « bon et honnête » (1. Cool, il a un physique agréable, qui expliquera l'attachement sensuel de Cunégonde. Ses qualités d'intelligence et de morale le prédisposent à une évolution vers l'esprit critique et emportent l'adhésion émue du lecteur. On sent déjà qu'il pourra exprimer les idées de l'auteur, et jouer le rôle de héros de roman d'apprentissage : intelligent, certes (« jugement assez droit », 1. 4), mais aussi jeune et malléable, naïf (- l'esprit le plus simple -, 1. 5), il a, dirait-on aujourd'hui, un fort potentiel. 1. Noter l'allitération en - t - et le sens du mot thunder (tonnerre) ; voir au chapitre 2 le nom de ville Valdberghoff-trarbk-dikdoff, signifiant forêtmontagnecour-gageure dérisoire-épais village...

    2. Aucun des nombreux peuples visités dans Candide n'échappe à ce procédé du cliché :

    Aucun des nombreux peuples visités dans Candide n'échappe à ce procédé du cliché :
    Les Français sont bavards, médisants et volages (chap. 22), les Espagnols et Portugais orgueilleux et intolérants (inquisition du chap. 6, gouverneur du chap. 13), les Turcs totalitaires et cruels (chap. 20), etc.


    II- La satire de la société féodale

    Voltaire oppose la prétention de richesse (- grande salle -, - meute -, - piqueurs ., - grand aumônier -, termes ou titres nobles, 1. 15 à 18) et la basse réalité (simples ornements de - tapisserie -, « chiens de basse-cour -, - palefreniers -, - vicaire -). Les serviteurs même, tout en affublant le baron du titre pompeux de monseigneur - sans gêne ni malice - rient de ses contes - (1. 19) leur respect a des limites, tout se déroule dans une ambiance à la fois guindée et familiale. La satire sociale atteint son point culminant avec l'exigence des quartiers de noblesse, qui annonce que derrière la bonhomie des nantis se cachent des exigences et des préjugés très âpres et absurdes : un honnête homme est refusé comme époux, parce qu'il ne peut prouver que 71 quartiers (nombre d'ancêtres nobles) au lieu de 72, pedigree du baron, différence infinitésimale et dérisoire. Dans ce détail se niche toute l'audace de la critique par les philosophes puis les révolutionnaires du 18e siècle de la raideur improductive et méprisante des castes qui prévalaient dans l'Ancien Régime. On trouve ici, déjà, l'ironie cinglante qui sera celle du Figaro de Beaumarchais.


    III- Un philosophe dogmatique et grotesque

    Le nom même de Pangloss est parodique (. toute langue - en grec, ce qui peut signifier - qui ne fait que parler - et suggère un vain bavardage). Dès cette première apparition il se distingue par deux traits: - oracle de la maison - (1. 26), dogmatique, il n'a aucun contradicteur; et ses discours sont ridicules. Pour le prouver, Voltaire devance le jugement du lecteur en annonçant que Pangloss enseigne la - métaphysico-théologo-cosmolonigologie - (1. 29) : la pétarade intellectuelle jargonnante s'achève burlesquement par l'ex- pression - nigologie - (la science, logos en grec, des nigauds « nigo ». Dans la phrase suivante, l'allusion aux - effets sans cause - signale au lecteur averti que la philosophie, si l'on ose dire, en cause ici, est celle de Leibniz et Wolf (voir p. 45), qui ont inventé le principe de la raison suffisante et des causes finales. Les théories de l'optimisme apparaissent aussi dans la dernière phrase avec une surenchère en allusion à Pope, autre philosophe de cette mouvance, qui avait écrit dans son ouvrage Essai sur l’Homme (1 733). - Tout ce qui est, est bien. - Entre ces deux assertions vient un échantillon de raisonnement particulièrement défectueux de Pangloss sur les mêmes causes finales (la fin pour laquelle une chose est faite) : il va de soi, et l'on ne peut que s'étonner de la naïveté de Candide face à de telles inepties, (que les nez ne furent pas inventés pour les lunettes, mais les lunettes pour les yeux faibles, que ce sont les chaussures qui ont été conçues pour protéger les jambes, et non l'inverse, que les pierres n'étaient pas destinées à être taillées. L’accumulation de tels exemples, avec des phrases construites sur un schéma identique, crée un effet comique, qui culmine dans les deux dernières. Le château du baron dont on a vu la médiocrité (il ne se distingue des chaumières environnantes que par des portes et des fenêtres) est utilisé pour le discours Philosophique, la mention des porcs faits pour être mangés en toute période et par tout le monde ne peut que susciter le rire le lecteur sait bien que le porc est une denrée interdite dans certaines religions.


    CONCLUSION

    En quelques lignes Voltaire pose donc l'essentiel du sujet et des procédés de l'ensemble du conte, et, dans une parodie du premier chapitre de la Bible ( la Genèse, ةden dont l'Adam est ici Candide et l' بve qui le séduira Cunégonde, et dont Candide sera bientôt chassé), met en place la référence à un premier jardin, à un premier paradis, qui servira de référence constante à la quête de son héros. Le château, symbole pour Candide du bonheur, sera par la suite une référence déterminante pour son apprentissage, jusqu'à sa duplication finale dans la métairie orientale.

    Chapitre III
    De "Rien n'était..." à "...Mlle Cunégonde."

    INTRODUCTION

    L'année 1756 est marquée par le début de la guerre de 7 ans entre l'Autriche et la France contre la Prusse et l'Angleterre, et en 1768, année de composition de Candide, une campagne est en train de ravager l'Europe.


    LECTURE

    COMMENT CANDIDE SE SAUVA D'ENTRE LES BULGARES, ET CE QU'IL DEVINT…..

    ANNONCE DES AXES


    ETUDE

    I Une vision particulière de la guerre

    La guerre est présentée de façon inattendue : l'accent est mis sur son aspect esthétique au début du passage.



    1. l'aspect esthétique

    On remarque quatre adjectifs élogieux intensifiés par « si »: beau », « lest », « brillant », « ordonné ». C'est un véritable spectacle, à rapprocher d'un tableau. De même, il y'a un accompagnement musical: insistance sur « l'harmonie », les « Te Deum » finals.



    2. la justification de la guerre

    Le massacre est ici moralement et socialement justifié: « infectaient », « coquins » présentent les victimes comme des coupables. La guerre serait donc une mesure d'assainissement.



    3. la comptabilité

    Le narrateur tient une véritable comptabilité des tués, et énumère les chiffres et le total final sans manifester aucune émotion: comme si l'importance des chiffres traduit à elle seule l'opinion de l'auteur et valoriser la guerre (cf. les communiqués militaires). De même, il fait des approximations avec désinvolture: « à peu près ». « le tout pouvait bien se monter à une trentaine de mille âmes »: déshumanise les morts en les considérant dans un ensemble uniforme.



    II Les images de la « boucherie »

    Voltaire fait ici voir les évènements à travers les yeux de Candide, qui découvre les effets de la « boucherie héroïque » en passant dans un village qui a été détruit et dont les habitants ont été massacrés; l'horreur de la guerre est vue de façon très réaliste, et l'écriture change: changement de temps du passé simple à l'imparfait, temps de la de--SS--ion; le regard de Candide se développe.



    1. la diversité des victimes

    Toutes les victimes sont répertoriées: femmes, enfants, vieillards. Une de--SS--ion d'un réalisme très cru montre l'ampleur des massacres: le champ lexical de la violence est très étendu et diversifié, désigne les actes meurtriers des soldats et leurs résultat: « criblés de coups », « égorgées », « éventrées », « brûlées », etc. (assonance en « é »); Le narrateur précise des détails anatomiques horribles, suggère la souffrance des agonisants, et montre qu'il s'agit de familles entières.



    2. la réciprocité

    Ces massacres se produisent dans les deux camps, « Bulgares » et « Abars »: le comportement similaire des deux armées montre que ces massacres sont la conséquence directe de la guerre; la barbarie n'appartient pas qu'à un seul camp.



    III La dénonciation et son efficacité

    En principe, la de--SS--ion très réaliste de la guerre et de ses conséquences devrait suffire à la rendre condamnable, mais Voltaire a utilisé d'autres moyens pour la dénoncer: la double vision et l'ironie; il cherche à attirer l'attention de son lecteur par des effets de décalage.



    1. une légitimité apparente

    La guerre aurait avant tout une légitimité esthétique: Voltaire la montre ironiquement comme un spectacle (champ lexical du spectacle, conception théâtrale de la guerre: « héroïque »), puis il décrit de façon très réaliste ses conséquences avec les massacres de civils. Il s'agit là de deux visions inconciliables de la guerre; il évoque également la complicité de la religion : « Te Deum ».



    2. la responsabilité

    La responsabilité de la guerre est identique dans les deux camps, et incombe à leurs souverains: « les deux rois » et à leur appétit de conquête. On trouve dans la de--SS--ion de la bataille des images implicites de la critique; par exemple le dernier instrument évoqué est « le canon »: la guerre n'est pas de la musique, mais la mort. « telle qu'il n'y en eu jamais en enfer » monde de l'insoutenable, de l'inimaginable.

    Voltaire discrédite ironiquement Candide: « tremblait comme un philosophe »; il discrédite sérieusement son aveuglement, cr au milieu des massacres: « et n'oubliant jamais Mlle. Cunégonde ».




    CONCLUSION

    Les moyens mis en oeuvre par Voltaire pour la dénonciation sont ici diverses: la de--SS--ion réaliste, mais également l'ironie et la critique déguisée.
    Ce chapitre peut être lu de plusieurs façons; on peut le considérer dans une perspective simplement narrative: c'est le premier choc de Candide, qui le confronte au problème de la guerre. Il y'a également une lecture philosophique: c'est l'apparition pour lui du mal sur la terre => texte représentatif du XVIIIème, où la guerre est un thème récurrent.





    Comment Candide se sauva d'entre les Bulgares et ce qu'il devint
    Chapitre 3

    Introduction

    Présenter l'auteur, Voltaire, et l'oeuvre : Candide.

    Lecture du texte

    Annonce des axes

    Etude méthodique

    I Une peinture ironique de la bataille

    Réalité du combat
    Ton employé => décalage

    A) Un spectacle brillant

    Défilé de deux armées

    Voltaire souligne le caractère esthétique

    Fanfare, rythme

    Enumération d'adjectifs mélioratifs renforcés par "si"

    Rythme très sautillant "si beau", "si leste", "si brillant",

    "si ordonné, que les 2 armées" (rime) => marche militaire

    Enumération des instruments de musique : du plus aigu au plus grave.

    B) Une brusque rupture

    "canons" à la suite des instruments de musique => idée de mort

    "harmonie" / "enfer" => contraste, antithèse

    Derrière la brillante façade : chaos et horreur

    C) Un regard déshumanisé

    - Attaque au canon
    - Attaque de la mousqueterie (mousquet = fusil archaïque)
    - Charge à la baïonnette

    => Phrase qui donne le bilan d'ensemble.

    Relation très sèche, purement objective, le narrateur se contente de citer les faits sans indignation, ce qui est plus efficace.

    Les soldats n'ont pas de réalité individuelle (soldats de plomb) => emploi de chiffres peu précis "quelques milliers", "environ 9 à 10 000".

    Très peu de prix est attaché à la vie humaine (chiffres doublés par rapport à la bataille de l'époque)

    Sujet : armes hommes = chair à canon

    D) La critique de Leibniz

    "ôta du meilleur des mondes environ 9 à 10 000 coquins qui en infectaient la surface"

    Si "tout va bien dans le meilleur des mondes", les morts ne peuvent être que des "coquins"

    "raison suffisante"



    E) Une formule fulgurante

    "boucherie héroïque" = oxymore

    => Opinion de Voltaire sur la guerre = massacre sanglant et inutile qui démystifie la notion d'héroïsme


    II Une peinture pathétique des massacres



    A) Un bref trait de satire

    (l.14 a 16) "Te deum" => action de grâce pour remercier Dieu

    Les 2 rois le font chacun dans leur camp => chacun se croit victorieux - chauvinisme des rois

    Satire, critique : collusion (réunion d'intérêt - péjoratif en gen.) des chefs d'armées et de église qui bénit les massacres.

    Dieu associé à de telles atrocités = idée scandaleuse

    Dieu n'intervient pas dans les guerres des hommes pour Voltaire

    Alors que chaque roi imagine avoir Dieu dans son camp.

    B) Changement de ton

    Il cesse d'être ironique à partir de "Il passa par-dessus des tas de morts et de mourants"

    Tableau des victimes civiles.

    Quand la réalité est trop insoutenable, l'ironie devient déplacée.

    C'est une peinture d'une horreur morale et physique.

    Lexique qui connote une extrême violence : vieillards criblés de coups, femmes égorgées, "mamelles sanglantes" (lait = vie/ sanglantes = mort).

    Usage de la litote (expression atténuée de la réalité : dire moins pour exprimer plus) "besoins naturels de quelques héros" = viol

    L'horreur s'accroît du fait que les victimes ne sont pas des combattants mais des êtres faibles.

    Voltaire reste sobre : les faits sont présentés sans qu'il s'implique, pour laisser au lecteur la liberté de se faire sa propre opinion.

    C) Une attaque contre le prétendu "droit public"

    (l.18 a 20) "un village (...) brûle (...) selon les lois du droit public"

    Grotius et Pufendorf justifiaient le massacre de l'ennemi.



    III Le départ de Candide

    A) Un bref rappel de l'horreur

    "membres palpitants", "ruines"

    Candide est dans un village bulgare brûle par les Arabes : les atrocités sont commises par les deux camps.

    "héros" => connotation sinistre

    Voltaire se livre à une démystification de l'héroïsme guerrier.

    B) L'éloignement de Candide

    "avec ses petites provisions dans son bissac"

    Coté dérisoire => tout seul, s'éloignant, tout "petit" à l'horizon

    "petit" s'applique à lui et aux provisions

    côté attendrissant => il reste fidèle à ses pensées et à Cunégonde


    Conclusion

    Critique très virulente de Voltaire contre l'horreur de la guerre et l'optimisme de Leibniz.
    Guerres condamnées : guerres de conquêtes
    Cette condamnation s'inscrit dans le combat des philosophes pour construire une société plus humaine et plus civilisée.
    L'art du conteur présente comme un spectacle plaisant une réalité qui ne l'est pas.
    => ironie
    Celle-ci s'efface face à un spectacle trop horrible, mais le ton reste très sobre.

    Fessé, Absous et Béni (chapitre VI)
    INTRODUCTION

    L'article "Genève" de L'Encyclopédie, que Voltaire inspire à d'Alembert suscite la tempête chez les pasteurs : les antiphilosophes veulent l'expulser de la propriété des délices, qu'il avait acquis en 1755. En 1758, il achète la propriété de Ferney, située à cheval sur la frontière franco-suisse, pour se mettre à l'abri. C'est cette année là qu'il rédige Candide, conte philosophique qui contredit la théorie de l'optimisme selon laquelle tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, mais sans la détruire tout à fait puisque la plupart des personnages finissent par cultiver sagement leur jardin en renonçant à la métaphysique. Il sera publié en 1759, sous couvert de l'anonymat, puis du pseudonyme en 1761. Dans cet extrait, Candide et son inséparable précepteur, philosophe et incorrigible optimiste, traverse la capitale portugaise aux lendemains du tremblement de terre de Lisbonne, survenu en 1755. On retrouvera à travers cet épisode, Voltaire, farouche ennemi du fanatisme.


    LECTURE

    CHAPITRE SIXI بME
    --------------------------------
    COMMENT ON FIT UN BEL AUTO-DA-F ة POUR EMP تCHER LES TREMBLEMENTS DE TERRE, ET COMMENT CANDIDE FUT FESS ة

    ((Après le tremblement de terre …. « Mon fils, prenez courage, suivez-moi. » ))


    ANNONCE DES AXES

    I- L'art du conteur : un texte narratif traditionnel
    II- Une ironie omniprésente
    III- un texte de dénonciation


    ETUDE

    I- L'art du conteur : un texte narratif traditionnel

    Repères : voir les différents temps utilisés : Imparfait / passé-simple
    · Situation initiale (1er paragraphe) = imparfait à présentation
    · Péripéties (2ème paragraphe) = passé-simple + articulation "en conséquence" à on rentre dans l'action
    · Situation finale (3ème et 4ème paragraphes) = Imparfait à l'action s'immobilise

    1. Situation initiale

    · Quand ? Après le tremblement de terre
    · Où ? Lisbonne
    · Qui ? "Les sages du pays", "l'université de Coïmbre" : les héros ne sont pas encore rentrés en scène : effet de surprise
    · Quoi ? Un autodafé

    2. Péripéties (2ème paragraphe)

    · Il y a une certaine variété dans les rythmes et la manière de raconter. Pauses de--SS--ives : imparfait : l.11-12 : / prison + l.14-16 : / costumes
    Par moments le rythme s'accélère. Exemple : l.12 : "huit jours après" : éclipse par rapport au procès"
    · Contenu : Les supposés fautes des différents condamnés + Cérémonie
    · Chute en 1 seule phrase. l.20-21 : Met en valeur l'inefficacité de l'action

    3. Situation finale

    Pause par rapport à l'action : imparfait
    contenu : propos au style direct, de Candide faisant une rétrospective et un bilan de ce qu'il a subit.


    II- L'ironie est omniprésente

    1. 1er paragraphe

    Les 2 premières phrases sont redondantes (elles veulent dire la même chose) : phénomène d'insistance qui met en éveil sur le contenu de ces 2 phrases.
    · Antiphrase : l.3 : "un bel autodafé" à ironie
    · Périphrase par rapport à l'autodafé : l.4-5 : "Le spectacle de quelques personnes brûlées à petit feu", "spectacle" = voyeurisme et "petit feu":antithèse = horreur
    · "cérémonie" et "spectacle" sont mis sur le même plan : mélange le côté solennel et l'amusement pur. (Objectif : satisfaire le peuple et seulement cela)

    2. 2ème paragraphe

    Absurdité des condamnations qui reposent toutes sur des apparences (parfois douteuses)
    La de--SS--ion des costumes :
    ¨ on s'attarde sur des détails là où le lecteur attend plus une de--SS--ion de la psychologie des personnages
    ¨ Candide ne sait pas que le public connaît la signification symbolique des dessins


    La de--SS--ion insiste de manière tout à fait décalée sur le déroulement harmonieux de la cérémonie : ton superlatif hors de propos souligné en vert.
    L'évocation de la prison à travers une périphrase élogieuse relève elle aussi de l'ironie, soulignée en bleu.
    l.20 : "quoique ce ne soit pas la coutume" : commentaire ironique sur l'aspect innovant de cette nouvelle torture.


    Le "en conséquence" analyse un lien de cause à effet qui n'a aucune raison d'exister. Ce n'est pas parce qu'on a décider d'un autodafé qu'on doit trouver des coupables : normalement c'est l'inverse.
    Le connecteur temporel, "huit jours après" l.12, met en valeur une ellipse ; la narration passe sous silence pendant huit jours durant lesquels il n'y a pas de procès.
    "Le même jour" : montre l'inefficacité de l'autodafé.

    TRANSITION

    Dans ce passage, non seulement le narrateur raconte, mais en plus il prend une distance ironique qui nous oblige à voir ce passage comme un texte de dénonciation.


    III- Un texte de dénonciation

    1. Le fanatisme et l'intolérance

    -> Arbitraire des arrestations qui sont basées sur des motifs qui sont purement et simplement des différences de culture et de religion.
    -> Le dernier paragraphe nous ramène à l'horreur du châtiment qui a été un peu "gommé" dans le 2ème paragraphe : accumulation l.22 : conséquences de l'horreur.
    -> Les derniers adjectifs : totalement ironiques quand ils présentent l'autodafé comme 1 acte religieux

    2. La superstition

    En quoi un autodafé peut empêcher la terre de trembler ? = pure superstition

    3. L'optimisme (de Candide)

    -> Dernier paragraphe : Le narrateur regarde de manière amusée les interrogation de Candide rapportées au style direct.
    -> caractère emphatique des phrases soulignées par l'apostrophe en " ش "
    -> Répétition de la même structure dans les 3 phrases l.24-28 : ridicule et naïveté de Candide



    CONCLUSION

    On peut dire que l'intérêt de ce passage réside sur 2 points.
    -› Voltaire = maître dans l'art de la mise en scène.
    -› Originalité : souligne que le mal métaphysique engendre des maux humains uniquement voulus par les hommes.





    L'Utopie de L'Eldorado
    De "Ils approchèrent enfin de la première maison..." à "...tout allait assez mal en Westphalie"."



    INTRODUCTION

    Ce texte est un extrait de Candide, de Voltaire : c'est un conte philosophique ; Candide, héros éponyme du conte, a été chassé du château dans lequel il a passé son enfance et parcourt le monde pour retrouver Cunégonde, dont il a été séparé.
    Il vient de fuir les jésuites au Paraguay, et est accompagné de Cacambo qu'il a rencontré là-bas. Poursuivis, ils ne savent plus où se rendre : ils n'en peuvent plus et, épuisés, se laissent porter par le courant d'un fleuve à bord d'un canot.
    Ils arrivent par hasard à L'Eldorado : ils ont failli mourir dans les remous du fleuve. Voltaire force ici l'aspect merveilleux de ce pays : il annonce l'utopie.


    LECTURE

    Ils approchèrent enfin de la première maison du village ; elle était bâtie comme un palais d'Europe. Une foule de monde s'empressait à la porte, et encore plus dans le logis. Une musique très agréable se faisait entendre, et une odeur délicieuse de cuisine se faisait sentir. Cacambo s'approcha de la porte, et entendit qu'on parlait péruvien ; c'était sa langue maternelle : car tout le monde sait que Cacambo était né au Tucuman, dans un village où l'on ne connaissait que cette langue. « Je vous servirai d'interprète, dit-il à Candide ; entrons, c'est ici un cabaret. » Aussitôt deux garçons et deux filles de l'hôtellerie, vêtus de drap d'or, et les cheveux renoués avec des rubans, les invitent à se mettre à la table de l'hôte. On servit quatre potages garnis chacun de deux perroquets, un contour bouilli qui pesait deux cents livres, deux singes rôtis d'un goût excellent, trois cents colibris dans un plat, et six cents oiseaux-mouches dans un autre ; des ragoûts exquis, des pâtisseries délicieuses ; le tout dans des plats d'une espèce de cristal de roche. Les garçons et les filles de l'hôtellerie versaient plusieurs liqueurs faites de canne de sucre.

    Les convives étaient pour la plupart des marchands et des voituriers, tous d'une politesse extrême, qui firent quelques questions à Cacambo avec la discrétion la plus circonspecte, et qui répondirent aux siennes d'une manière à le satisfaire.

    Quand le repas fut fini, Cacambo crut, ainsi que Candide, bien payer son écot en jetant sur la table de l'hôte deux de ces larges pièces d'or qu'il avait ramassées ; l'hôte et l'hôtesse éclatèrent de rire, et se tinrent longtemps les côtés. Enfin ils se remirent : « Messieurs, dit l'hôte, nous voyons bien que vous êtes des étrangers ; nous ne sommes pas accoutumés à en voir. Pardonnez-nous si nous nous sommes mis à rire quand vous nous avez offert en payement les cailloux de nos grands chemins. Vous n'avez pas sans doute de la monnaie du pays, mais il n'est pas nécessaire d'en avoir pour dîner ici. Toutes les hôtelleries établies pour la commodité du commerce sont payées par le gouvernement. Vous avez fait mauvaise chère ici, parce que c'est un pauvre village ; mais partout ailleurs vous serez reçus comme vous méritez de l'être. » Cacambo expliquait à Candide tous les discours de l'hôte, et Candide les écoutait avec la même admiration et le même égarement que son ami Cacambo les rendait. « Quel est donc ce pays, disaient-ils l'un et l'autre, inconnu à tout le reste de la terre, et où toute la nature est d'une espèce si différente de la nôtre ? C'est probablement le pays où tout va bien ; car il faut absolument qu'il y en ait de cette espèce. Et, quoi qu'en dît maître Pangloss, je me suis souvent aperçu que tout allait assez mal en Westphalie. »


    ANNONCE DES AXES

    I-Les caractéristiques de l'utopie
    II-La satyre : ironie de Voltaire

    ETUDE

    I- Les caractéristiques de l'utopie

    1- Le luxe et la richesse

    les maisons sont excessivement luxueuses : elles sont "bâties comme des palais d'Europe "
    les vêtements indiquent la richesse du peuple, même ceux des enfants : ils sont "vêtus de draps d'or"
    l'abondance : le repas est pantagruélique : les plats sont nombreux, et tous exotiques : pour Candide, l'exotisme représente une luxe. Les récipients même indiquent la richesse du village : ils sont faits dans "un espèce de cristal de roche".
    les larges pièces d'or que Candide et Cacambo ont ramassés sont "des cailloux de grands chemins" aux yeux des habitants : les conquistadors cherchaient de l'or, mais cet or n'a dans cet endroit aucune valeur.
    cette impression de grande richesse est encore accentuée par la gratuité : le gouvernement offre la nourriture aux habitants et aux étrangers, et il leur offre le luxe aussi : le gouvernement lui aussi est riche (par opposition à la France : misère est grande, et le gouvernement est pauvre lui aussi)
    2- Un monde de plaisir et de bonheur

    Plaisir des sens : "musique très agréable" => plaisir de l'ouïe, écoute est agréable
    "odeur délicieuse" => plaisir de l'odorat également
    "ragoûts exquis, pâtisseries délicieuses" => plaisir du goût
    les enfants qui les servent sont beaux et bien vêtus => plaisir de la vue
    Les sens sont ravis, pleinement satisfaits, accentuant le bonheur et le plaisir des habitants et des voyageurs.
    Les habitants sont heureux et montrent leur bonheur : ils rient ("éclatérent de rire"). Il y a un équilibre : on compte autant de filles que de garçons (" deux garçons et deux filles") : la population est stable, équilibrée.
    Les habitants sont généreux : après avoir servi un repas pantagruélique, ils s'excusent de la mauvaise chère qu'ils ont présentés aux voyageurs.
    3- Politesse et savoir-vivre

    Extrême politesse et discrétion de la part des commerçants et des voituriers présents dans l'auberge (dans le monde de Candide, les voituriers sont les moins polis de tous)
    Les habitants sont honnêtes : aubergistes auraient pu profiter de l'ignorance de Candide et Cacambo et leur réclamer un dû pour le repas, mais ils les informent.

    Conclusion partielle : Voltaire fournit absolument tout ce qui constitue un monde idéal : les gens sont heureux, riches et tout le monde s'entend bien. Ce monde idéal émerveille Candide et Cacambo qui ne croient pas ce qu'ils voient. Mais cette incrédulité est aussi celle du lecteur, car Voltaire force les traits de l'utopie à dessein.


    II- La satyre : l'ironie de Voltaire

    1- Il force les traits de l'utopie et l'aspect merveilleux

    C'est un monde plein de sensations agréables : le ravissement de tous les sens montre que les deux voyageurs évoluent dans un rêve.
    L'abondance du repas montre elle aussi que ce n'est qu'un rêve : tout y est trop abondant pour être réel : le morceau de viande qu'ils mangent "pesait deux cent livres" ; jamais, dans un monde réel, l'abondance est aussi extrême.
    La gratuité du repas provoque l'incrédulité de Candide, mais, en même temps que Candide, les lecteurs n'y croient pas non plus.
    Voltaire, en exagérant, se moque de ce monde idéal, il le caricature.
    2- La morale de Voltaire

    Voltaire caricature ce monde pour montrer qu'il n'existe pas, qu'il est "trop parfait" pour être réel.
    Dans la dernière réplique de Candide, c'est Voltaire qui s'exprime : quand il parle de ce monde idéal, il dit qu'il "faut absolument qu'il y en ait de cette espèce". Par cette phrase, il explique que l'on veut absolument qu'un monde parfait existe, mais que ce n'est qu'un rêve.
    Voltaire insiste sur le fait qu'un monde parfait tel que l'Eldorado ne peut exister, ce n'est qu'un rêve.

    CONCLUSION

    Ce monde idéal nous est présenté avec ironie : ce pays est absolument merveilleux, tout le monde y est heureux, mais il n'existe pas. Voltaire nous rappelle en quoi consistent nos rêves. Il dénonce l'utopie, et avec l'utopie, il dénonce le rêve : il faut être réaliste, arrêter de rêver.
    Mais cet extrait pose aussi une question : après avoir vu ce monde idéal, que faut-il faire? Le texte qui termine Candide répond à cette question : Candide et ses amis achètent une ferme et cultivent leur jardin. C'est la morale de Candide : Voltaire nous rappelle que le bonheur est le fruit du travail et non du rêve.
    => rapprochement : Lettres Persanes, de Montesquieu : dans la lettre 12, il parle des troglodytes, et dénonce lui aussi l'utopie d'un monde idéal.

    Eldorado
    Chapitre 18

    INTRODUCTION

    La visite d’Eldorado introduit une pause dans le récit jusque là rapide et trépident. Candide et Cacambo contemplent dans l’émerveillement le monde qui apparaît comme le contraire du monde qu'ils connaissent. Cette découvert joue un rôle capital dans l’évolution de Candide.


    LECTURE

    (( Vingt belles filles …de mathématique et de physique.))


    ANNONCE DES AXES


    ETUDE

    I. Une critique d’Eldorado

    1. Un monde trop parfait :

    - grandeur, énormément de tout : " grands, grandes ", " élevés jusqu’aux nues ", " grandes places ", " mille colonnes ", " deux files mille musiciens chacun ", pluriel

    - formes superlatives : " le plus de plaisir ", " jamais on ne fit meilleure chère "

    2. Surrenchère des détails féeriques.

    - Redondances : " les grands officiers et les grandes officières ", " les fontaines d’eau…, fontaine d’eau….". Emploi systématique de " mille ". A la fin, cela n’a plus de sens.

    - Clichés qui surchargent : élevés jusqu’aux nues, fontaines d’eau pure, ornés de mille colonnes.

    3. Naïveté de Candide et de Cacambo.

    - Sur les procédés : si on se jetait à genoux ou ventre à terre, mettait les mains sur la tête ou sur le derrière, si on léchait la poussière.

    - Empressement enfantin, ils sautent au cou.

    - Sur les institutions ; posent des questions sans cesse, " cour de justice, parlement "

    Ecart comique qui prouve que les personnages n’ont pas de recul pour juger objectivement de la manière de respecter les convenances.

    Conclusion : les voyageurs n’ont qu’une vue superficielle et candide. Candeur au rôle révélateur ; but ; bien mettre en valeur le monde visité en inviter le lecteur à percevoir le contenu philosophique.


    II. Une utopie

    1. L’utopie traditionnelle.

    - Connecteurs temporels qui différencie les quatre démarches des voyageurs : " après quoi ", " en attendant "…

    - Référence à Thomas More : le pays qui n’existe pas / où tout est parfait.. Pays imaginaire où un régime politique idéal gouverne un peuple heureux.

    - Tous les aspects sont vus : religion, politique, mœurs, organisation, institutions.

    2. Des vertus et des richesses.

    - Focalisation zéro. Tout est normal et neutre, mépris du beau => absence d’enthousiasme des habitants. Or = boue. La richesse n’a pas rendu mauvais les habitants

    - Les hommes sont unis, soudés, ouverts, accueillants, polis, contre le fanatisme et pour la liberté. Cela permet à Voltaire de faire des propositions.

    3. Des idées.

    - Une monarchie libérale : monarque tolérant, abordable, rapports hiérarchiques assouplis, aucune tyrannie ; le palais de justice et les prisons n’existent pas. Egalité entre les deux sexes : grands officiers et officières

    - Urbanisme et urbanité : joindre l’utile à l’agréable. " espaces publics élevés jusqu’aux nues ", " marché orné de … ", " galeries de deux mille pas ", " pavés odoriférants "

    - Climat de fraîcheur et de propreté, relations commerciales aux dimensions esthétiques.

    - Développement des sciences : Eldorado y consacre de grands moyens : " galerie… instruments de mathématique et de physique "

    Conclusion : idéal des Lumières


    III. La fonction du passage

    1. Critique européenne.

    - Contre la monarchie absolue des rois de France, la tyrannie insupportable.

    - Révèle l’arbitraire et la fanatisme de la justice royale

    - Critique de l’urbanisme anarchique parisien

    - Défense acharné de Voltaire de la culture et du progrès ; (Encyclopédie)

    - Pouvoir royal et religieux hostile à diffusion de l’instruction et de la culture dans le peuple

    2. Elle ne fait que suggérer.

    Absence de détails minutieux. Nous n’avons que des idées vagues (monarchie libéral, mais pas organisation). Pas de proposition d’un système mais plutôt de valeurs : bonheur, générosité, soif de justice, goût du travail et de la culture.
    Ce n’est pas une référence absolue.

    3. Evolution de Candide.

    Ce voyage à Eldorado apporte une référence nouvelle à Candide. Il devient une alternative possible aux valeurs de Thunder-ten-tronckh, dont le contact a montré qu’elles reposaient sur l’illusion. Il en comprendra le prix à mesure qu’il s’en éloigne.


    CONCLUSION

    Procès de la société de son temps. Satire constructive, nouvelles valeurs proposées au lecteur.
    C’est le combat des philosophes de Lumières.



    Voltaire
    Le nègre de Surinam (Chapitre 19 ème)
    Généralités :

    - Voltaire dramaturge du 18 ème siècle (1694-1778), philosophe français qui écrivit contre l'intolérance.
    - Candide ou l'optimisme, 1759.
    - Un conte en prose où il critique la vision optimiste. Ceci est une réaction envers certains philosophes de l'époque comme Leibniz.

    Introduction

    Le nègre de Surinam constitue une dénonciation de l'esclavage et l'exemple même de l'atteinte aux droits de l'homme et à la liberté. La rencontre de Candide avec le nègre au sortir de l'Eldorado constitue un choc brutal et un retour à la réalité du mal: Candide ne peut plus se laisser aller à une quelconque croyance optimiste.
    Les lecteurs, à travers cet épisode vont être confrontés à une réalité historique que Voltaire intègre à sa démonstration avec efficacité.


    L'extrait :

    -((Candide et Cacambo rencontrent un nègre … d'une manière plus horrible. ))


    Etude

    I - Un constat

    Le récit de la rencontre avec le nègre est fait par le narrateur qui semble ne pas prendre partie et donner les choses telles quelles se sont passées.
    Les paroles de l'esclave ont cette même tonalité d'acceptation de son sort en fonction d'une même réglementation.

    a) Un constat dans le récit
    - Le " ils " désigne Candide et son valet Cacambo. Rencontre de trois personnages, Candide et Cacambo en mouvement et le nègre qui est étendu par terre. Il y a donc opposition entre liberté de mouvement des uns et immobilité de l'autre.
    - La présentation du nègre est faite sans apitoiement d'abord à travers des détails vestimentaires " la moitié de son habit " puis indication de sa mutilation. Tout est mis sur le même plan.

    b) Constat dans les paroles de l'esclave
    - Affirmation d'une attitude de soumission, de passivité "j'attends mon maître"
    - Explication calme et détaillée de " l'usage ". Symétrie de la construction de la phrase et résultat obtenu sans aucune émotion.
    - La constat n'est pas seulement de sa situation personnelle mais il établit l'histoire de tous les esclaves. Cependant après la parole résignée de l'esclave, le nègre va donner la parole à sa mère (Rappel des propos de sa mère en employant le style direct).

    c) Cependant, présence d'une parole vivante, la mère au style direct. Ce n'est pas un constat, c'est un rappel émouvant du passé.


    II - L'ironie

    Cette ironie se révèle dans le décalage entre la l'objectivité du constat et l'horreur de la situation décrite.
    - Dans la logique de l'usage.
    - Dans la relation établie entre l'esclave et l'économie.

    a) Une priorité aberrante, l'accent est mis sur " l'absence de la moitié de l'habit ".
    Il y a là une distorsion ironique qui insiste sur la situation réelle de l'esclave.

    b) L'ironie apparaît aussi dans le choix de certains termes à double sens " fameux " différent au terme valorisant illustre, célèbre : il est dépréciatif. Vandedendur est rendu célèbre par sa cruauté.

    c) Insistance détachée sur les closes du contrat établit par l'usage (= mutilation systématique) " je me suis trouvé dans les deux cas ". C'est un formalisme administratif que met en relief Voltaire par le ton faussement détaché, l'horreur n'en n'est que plus perceptible.

    d) Relation entre l'esclave et le sucre. Raccourci efficace " c'est à ce prix que vous manger du sucre en Europe ". Ici aussi distorsion, décalage entre notion de plaisir en Europe et vie inhumaine pour les esclaves.

    e) Insistance sur l'hypocrisie des prêtres.
    Le mot "fétiche" est une impropriété de terme afin d'éviter la censure.
    Voltaire met en évidence la contradiction " nous sommes tous enfants… " alors qu'on pratique l'esclavage. Cette contradiction trahit l'hypocrisie des prêtres.


    III - Les différents éléments de la dénonciation

    L'émotion de Candide souligne l'horreur de l'état dans lequel se trouve l'esclave et cette horreur ne peut inspirer que de la pitié. Voltaire fait ainsi appel à la sensibilité de son héros et à travers lui à celle du lecteur.

    a) Pourquoi dénoncer l'esclavage
    - parce que l'esclavage est un traitement dégradant
    - dégradation sur le plan social, l'esclavage est la propriété d'un autre homme.
    - dégradation sur la plan moral et spirituel : la langue, la religion.

    b) Dénonciation de l'illusion Optimiste qui conduit à l'esclavage à cause de l'attitude de sa mère. L'esclave renverse même le système des valeurs fondamentales : Esclave = honneur. Il est recommandé par la mère.

    c) Dénonciation de l'esclavage qui est un système brutal et cruel parce qu'il exploite la souffrance pour la plaisir de quelques privilégiés : " c'est à ce prix ….. en Europe ".




    Quelques figures de style à éventuellement commenter :

    Ironie
    Euphémisme
    (l.15) "C'est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe "
    Voltaire montre l'horreur de l'esclavagisme : on mutile pour faire baisser le prix du sucre
    ->argument déjà prit par Montesquieu

    Champ lexical de l'Eglise
    (l.5) "mon dieu" (l.18) "bénit" (l ;20) "seigneur" (l.27) "Adam" (l.29) "fétiches"
    Voltaire met en valeur les contradictions entre les fondements de la religion et le traitement des noirs.

    Patronyme à double sens
    Allitération
    Assonance
    (l.9) " Venderdendur "
    Van düren, libraire hollandais, avec lequel Voltaire s'est accroché.
    "Vendeur à la dent dure" souligne le caractère cruel du négociant.

    Champ lexical du négociant
    (l.7) "maître" "Venderdendur" (l.Cool "négociant" (l ;19) "fétiches" (l.20) "seigneur" (l.21) "Les blancs"
    Forte présence du négociant
    exprime la domination du blanc sur le noir ; à l'époque.

    Paradoxe
    (l.19) "ils te feront vivre heureux" <-> (l.13-14) "attrape le doigt coupe la main, on s'enfuie coupe la jambe"
    Contradiction entre les idées de leurs parents et le traitement du nègre.


    Voltaire fait passer à travers le nègre un message très fort. Il montre bien les difficultés rencontrées par les esclaves.

    Vision du noir :

    Citation péjorative, vision réductrice.
    (l.2) "moitié habit" (l.4) "pauvre Homme" (l.3-11) "caleçon de toile" (l.6) "état horrible"
    Nègre dénigré ? emploi d'adjectifs péjoratifs.

    Litote
    Ton implicite
    (l.2) "n'ayant plus" (l ;17) "ma mère me vendit dix écus patagons" (l.3-11) "un caleçon de toile"
    Traite des noirs
    En ce temps-là , la toile était faite pour envelopper la marchandise.

    Enumération

    Litote
    (l.23) " les singes , les chiens , les perroquets " (l ;24) "sont mille fois plus heureux que nous"
    Les noirs sont moins bien traités que les animaux qui eux sont respecté pour leur obéissance.

    Ironie
    (l.29 à 30) "Or vous m'avouerez qu'on ne peut pas en user d'une manière plus horrible avec ses parents"
    Cela montre qu'un noir n'est pas respecté en tant qu'homme .

    Parallélisme
    (l .12à14) "quand la meule nous attrape le doigt on nous coupe la main , quand nous voulons nous enfuir on nous coupe la jambe"
    Code noir de 1685
    Cela va à l'encontre des préceptes de la bible

    Répétition expressive
    (l ;1,8,10) "le nègre"
    Voltaire insiste une fois de plus sur le thème de l'esclavage.

    La vision du noir est très sombre, morbide. On se demande comment ils font pour vivre.

    Conclusion :

    Ce texte est basé sur le constat de l'infamie de la traite négrière. Il décrit de manière authentique la cruauté des négociants. Au premier abord, le fait que le point de vue soit externe tend à nous faire penser que le constat est neutre. L'étude de ce texte nous montre que c'est Voltaire qui s'exprime à travers le nègre. C'est pourquoi on peut dénoter de l'ironie, notamment quand Voltaire traite de la religion. Comme nous l'avons dit auparavant, le constat paraît neutre. Pourtant la de--SS--ion très crue de la mutilation des nègres et du négoce de ceux-ci suscite un sentiment de révolte et d'indignation chez le lecteur. Toutes les figures de style montrent une très bonne organisation du texte. C'est pourquoi nous pouvons déduire que ce texte participe fortement au combat de Voltaire contre l'intolérance et l'injustice.



    CONCLUSION DE CANDIDE


    Voltaire
    Introduction

    Présenter Voltaire. Dans Candide, Voltaire décrit le parcours d'un jeune homme naïf qui va parcourir le monde pour trouver les réponses aux questions métaphysiques qu'il se pose et pour retrouver Cunégonde, son amoureuse. Il est accompagné de Pangloss son mentor, un philosophe pour qui tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    Dans cette conclusion nous allons étudier le bilan des personnages et la philosophie du bonheur selon Voltaire.


    Commentaire Composé:

    I. Evolution et bilan des personnages

    Candide :
    - il ne revient pas à son point de départ au château ce qui montre son évolution.
    - début : naïf, ne connaît rien à la vie
    fin : a fait le tour du monde, enrichi par ses expériences.
    - il interrompt Pangloss
    - il se pose des questions
    Ils vont voir un derviche qui ne leur donne aucune réponse et les renvoie.
    è Pour Voltaire il n'y a pas de réponse, il ne faut pas avoir de préoccupation philosophique.

    Pangloss :
    pour lui tout est toujours pour le mieux dans le meilleur des mondes.
    - il n'est plus le maître incontesté de Candide, il se fait interrompre.
    - C'est le seul à ne pas travailler dans la métairie.
    è aucune évolution, philosophe sophiste, s'enferme dans ses raisonnements.

    Cunégonde :
    début : belle et oisive
    fin : laide mais excellente pâtissière
    è le travail compense sa laideur.

    Autres personnages :
    n'ont plus de malheurs et travaillent.
    "devint honnête homme"



    II. La philosophie du bonheur, la rencontre avec le vieillard

    1. De--SS--ion du vieillard

    - homme d'expérience
    - " bon " répété 4 fois
    - peu ambitieux, généreux, accueillant, hospitalier, travailleur
    - vie paisible, aisée, heureuse
    - contraste avec les atrocités commises en ville
    è son bonheur dépend de son désintéressement du monde et de son travail.

    2. Comparaison du vieillard avec les rois

    è l'argent et la grandeur ne font pas le bonheur
    toutes les grandeurs sont éphémères.

    3. Le travail dans la métairie

    - " la petite terre rapporta beaucoup "
    è efficacité du travail communautaire
    - Cunégonde devint une excellente pâtissière et Frère Giroflée devint honnête homme
    è le travail efface les défauts.

    4. Il faut cultiver notre jardin

    " cultiver " = travailler, enrichir
    " jardin " = monde, esprit, jardin secret
    è Il faut travailler à l'amélioration du monde
    è Il ne faut pas s'occuper des affaires des autres (égoïsme ?)


    Conclusion

    Pour Voltaire, il ne faut pas se poser de questions métaphysiques car il n'y a pas de réponse.
    Comme dans Lettre X sur le commerce, Voltaire montre que c'est le travail qui contribue à l'amélioration et au bonheur du monde.


    ارجو من الله ان اكون قد افدتكم


    [b]

      La date/heure actuelle est Sam 25 Oct - 22:34